Page:Sansot-Orland - Jules Lemaître, 1903.djvu/34

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- 28 — l’usage de ce parler fin et clair qui est une belle fleur de la terre de France. Il est bienveillant, sans haine, ami de la justice. Tout cela fait un champ où ses idées se rassemblent, le soir, comme les moutons dans les prés à l’appel du berger. (Annales politiques et littéraires, 10 mars 1895). De M. Heari Bordeaux : M. J. Lemaître est l’un des esprits les plus sou- ples et les plus variés de ce temps. Comme celle de Renan, avec moins de musique et d’imprécision dans la phrase, sa pensée est difficile à saisir, non point en elle-même, car elle est toujours d’une merveilleuse clarté, mais en toute son (cuvre où elle apparaît complexe, multiple, diverse. II parle en l’une de ses pages des écrivains dont le charme est difficile à fixer en une formule , lui-même est de ceux-là. Aucune formule ne pourrait enserrer toute sa séduction et toute son âme changeante. Il plaîl, il charme, il attire, mais il glisse, il fuit, il s’évanouit, laissant l’impression d’un rêve délicieux qui n’aurait apparu que pour se dissiper aussitôt... Tour à tour poète, critique, conteur, romancier, auteur dramatique, il s’est surtout regardé et s’est trouvé très intéressant : c’est ainsi qu’il a écrit en douze volumes de critique l’histoire de ses sensa- tions, cela, afin de faire enrager M. Hrunelièro, le défenseur attitré de la critique impersonnelle, et {l’augmenter dans la mesure de ses forces, la part de joie littéraire de l’humanité. Comme il est riiomme-l’rolée chacun peut se retrouver en lui à cf)ndiliou d’être très spirituel ; comme il sait extraire d’une chose tout ce qu’elle peut offrir de plaisir, il nous fait uiniublomcnl participer à son bonheur. —