Page:Sansot-Orland - Jules Lemaître, 1903.djvu/36

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— 30 — la Philosophie du boudoir. — Quelle joie ! car le marquis de Sade fut un imbécile î — mais même ébloui des plus augustes visions, même ayant sous son crâne le mens divinior, jamais (à moins que le Génie dès qu’il est ne supprime totalement le dilet- tantisme), il ne se serait hasardé jusqu’à la Divine Comédie, ni jusqu’à la Légende des siècles. Il est de ceux qui ont un trop grand souci d’être bien ou mal remarqués ; et l’amour inévitable, — quand on vit dans la perpétuelle excitation littéraire, — de la glo- riole, l’a empêché de provoquer la gloire, ignoble ou sublime! Il y a dans son œuvre, Serenus, une réa- lisation d’âme, ou comme on dit, un état d’âme. Eh ! bien, je le pense vraiment, Serenus, c’est M. Jules Lemaitre lui-même; et, brave puisqu’il est un poète, mais subtil puisqu’il est un sceptique, il est prêt à mourir pour un Dieu qu’il feindra de ne pas croire! (V Art au </it’à/re,’2"année,189(),in-18. CalmannLevy) De M. Ernest-Charles : Jules Lemaître put d’abord paraître sceptique (ah, que ce terme est vieillot maintenant !) à cause de la diversité de ses œuvres et parce que sa doctrine est éparse parmi elles. Il fut critique littéraire, et dra- matique, et |)olilique, et social, et couleur et dra- maturge, et romancier, et poète, 11 ne s’appliqua point à dogmatiser avec préméditation, mais tantôt ici, tantôt là, au détour d’une phrase, à la fin d’un chapitre, ou bien au milieu, cnlre deux traits spiii- Uu’ls, à travers des sourires, el pour tout dire, il dogmatisa toujours sans application. Puis ses iloiis étaient divers comme les genres où il les dissémi- nait, .Aisance, verve, grâce, noiu-lialance, vigueur, gravité, raillerie, indulgence : tout se mêle en ses