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les soins qui leur sont nécessaires, c’est-à-dire leur faire prendre un peu d’avoine ou de son. Les soins de propreté ne devront pas être négligés à cet âge. On habituera les poulains à se laisser brosser ; on choisira l’instrument de pansage le plus doux afin de ne pas irriter la peau de ces jeunes animaux. À l’écurie, ils doivent être tenus proprement sur la litière, tandis que, exposés dans une écurie humide et froide, ils seraient atteints de maladies telles qu’arthrites, rhumatismes, qui, certainement, nuiraient à leur développement, et pourraient même occasionner la mort.

Enfin, lorsque les poulains ont atteint l’âge de six mois, on doit s’occuper de les sevrer. Autrefois, on croyait que pour obtenir de bons sujets, il fallait laisser têter les poulains jusqu’à l’âge de neuf à dix mois ; mais notre savant professeur M. Lafosse a fait entrevoir qu’il y avait là une habitude qui devait être rejetée ; car, dit-il, les femelles pleines de nouveau, souffrent ; de plus, le liquide sécrété à cette époque se trouve en trop petite quantité pour produire les effets qu’on en attendrait ; l’époque du sevrage doit avoir lieu, d’après lui, vers l’âge de cinq mois et demi à six mois.

On peut sans crainte, à cet âge-là, supprimer aux poulains l’usage du lait, car la plupart ont acquis un développement suffisant.

Le sevrage est chose facile pour celui qui a l’habitude d’élever des poulains. On doit procéder avec méthode pour le rendre court et facile. Le petit doit être mis seul ou en compagnie d’autres poulains dans une loge assez spacieuse, afin de le distraire ; on devra lui donner du grain et du foin de meilleure qualité. De temps à autre, il doit être remis avec sa mère pour calmer son ennui. En agissant ainsi, il arrivera un moment où il ne fera guère attention à la jument et la privation du lait sera rendue moins pénible.