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de remarque qu’un solipède bien conformé à la naissance, ayant toujours conservé des aplombs réguliers pendant la période d’allaitement, les perd parfois après cette période. Signalons les causes de ces fâcheux changements dont voici d’abord l’énumération.

Le jeune sujet, après le sevrage, peut devenir panard, soit du devant, soit du derrière. Ce dernier vice en entraîne un autre : les jarrets clos.

Il peut aussi devenir long-jointé à jarrets droits ou droit-jointé et bouleté. Comment et pourquoi ces vices se produisent-ils ?

Pieds panards. — Ce vice provient de ce qu’après le sevrage le jeune sujet, habitué au régime du lait, n’a pas encore ses organes masticateurs assez complets et ses organes essentiels de la digestion assez puissants, et aussi de ce que, dans bien des cas, il ne reçoit pas une nourriture appropriée à son état. Par suite de l’action combinée de plusieurs et le plus souvent de toutes ces causes réunies, l’animal maigrit en même temps que son ventre grossit démesurément, surtout lorsqu’il ne reçoit pour nourriture que des fourrages grossiers et peu alibiles. Il est facile de comprendre ce qui advient alors.

Pour les membres antérieurs, l’amaigrissement amène le rétrécissement du thorax, le rapprochement des coudes et des talons, et enfin en même temps l’écartement des pinces qui se dirigent en dehors. Les pieds ne suivant pas toujours le haut des membres en rapprochement, conservent souvent leur écartement primitif, d’où résulte un appui trop prononcé du bord interne de la paroi, son usure en dedans et sa croissance au contraire exagérée en dehors : la muraille devient droite au côté interne, très-oblique en dehors, d’où évasement de ce côté et une action de levier qui tend pour son compte à augmenter le vice existant.