Page:Savinien Cyrano de Bergerac - La mort d'Agrippine - 1654.djvu/31

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.
22
agrippine.

Semble accourir aux vœux qui l’ont ſollicité,
Sous mon Thrône abbatu, ce nouvel Encelade
Du profond des Enfers à ma Cour retrograde,
Et iette un cry ſi haut, que du bruit effrayé,
Je doute s’il foudroye ou s’il eſt foudroyé.
Par un ſouffle bruſlant que ſa rage reſpire,
Il eſmeût la revolte au ſein de mon Empire,
Et le perfide encor pour braver mes deſſeins,
Me combat à couvert dans le cœur des Romains.


Nerva

D’un tout ſi dangereux pers le dangereux reſte.


Tibere

Ie ſçay bien qu’Agrippine à mes iours eſt funeſte :
Mais ſi ſans l’achever ma haine l’entreprend,
Le courroux qui l’anime en deviendra plus grand ;
Et ſi dans le Senat on la treuve innocente,
Ie la force à venger cette iniure ſanglante.


Nerva

Que me dis-tu, Seigneur ? elle eſt coupable ?


Tibere

Que me dis-tu, Seigneur ? elle eſt coupable ? En quoy ?


Nerva

D’eſtre ou d’avoir eſté plus puiſſante que toy.