Page:Schiller - Le Nécromancien ou le Prince à Venise, tome premier.djvu/23

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une averse soudaine nous ayant obligé d’entrer dans un café, le prince se plaça derrière la chaise d’un Espagnol : il observait le jeu. J’étais passé dans une salle voisine, où je lisais les papiers publics. Un moment après j’entends du bruit. Avant l’arrivé du prince, l’Espagnol avait été constamment malheureux : dès cet instant le jeu avait pris une autre tournure, et l’Espagnol, profitant de ce retour inopiné de la fortune, avait augmenté son jeu de manière à mettre la banque en péril. Un Vénitien, qui la tenait alors, dit au prince, d’un ton piqué, qu’il lui portait malheur, et l’invita à quitter la table. Le prince le regarde froidement et reste. Le Vénitien lui répète l’apostrophe en français ; le