Page:Schiller - Le Nécromancien ou le Prince à Venise, tome premier.djvu/34

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frapper notre oreille ; nous arrivons à un petit village où se tenait ce jour-là une foire ; tout y était en mouvement. Une troupe de jeunes garçons et de jeunes filles, en costume de théâtre, viennent au-devant de nous, et nous saluent avec des danses pantomimes. L’idée était nouvelle : la grâce et la légèreté animaient tous leurs mouvemens. La danse n’était pas encore finie, quand la première des danseuses, vêtue en reine, s’arrêta, paraissant subitement retenue comme par une main invisible. Le plus profond silence régnait alors dans l’assemblée : la reine restait immobile, les yeux fixés en terre. Tout à coup elle se lève, comme par inspiration, et en parcourant, d’un regard