Page:Schwob - Mœurs des diurnales, 1903.djvu/148

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propria élégamment vers 1880 un télégramme où il était annoncé qu’on expulserait de leur couvent les frères jésuites etiam manu militari. Il donna de l’intérêt à cette banale nouvelle et la fit sienne en écrivant : « On va expulser de leur couvent les Frères Jésuites Etiam, Manu et Militari. »

Je lisais récemment l’information qui suit :


On mande d’Hodeidah que le commandant Arnone, après la destruction des samboucs des pirates, et après avoir encaissé les indemnités fixées pour les familles des deux matelots morts, a envoyé à Massaoua sous escorte sept samboucs capturés et trois fuyards érythréens qui lui ont été livrés par les autorités turques pour avoir commis des actes de piraterie.

(Journal des Débats, 18 novembre 1902.)


Le rédacteur de ces lignes fut sage. Il aurait pu ajouter que les samboucs et les fuyards érythréens arrivèrent à Massaoua, lassés de la route, et maltraités par l’escorte. Il préféra ne point être original. En effet, il aurait fallu, pour ne pas se contredire, modifier trop profondément la dépêche qui suivit.


On télégraphie de Massouah, 16 novembre :