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DISCOURS LIMINAIRE


« Vous êtes le printemps de l’année et l’espoir de la France. » Edgar Quinet, Lettre à un Jeune Journaliste (1867).


Messieurs et chers Confrères — et rappellerai-je que le bon poète Victor Hugo, s’adressant à vous en un jour inoubliable, ajoutait, vibrant d’émotion : « et dans ce mot il y a frères » — à vous sont destinées ces brèves pages ; à l’ardente pléiade des jeunes, à tous ceux qui en ces temps bien modernes de struggleforlifisme aspirent à une écriture prestigieuse et peu banale. Qui n’a pas de nos jours un brin de plume au bout des doigts ? Mais parvenir à une facture suggestive, savoureuse, connaître son public, traiter un petit éditorial de main de maître, savoir être tour à tour troublant ou empoignant, silhouetter une attitude, crayonner un mot d’esprit, avoir à la fois la note réaliste et