Page:Schwob - Mœurs des diurnales, 1903.djvu/170

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comme celui de là-bas, de prendre un vice matériel, la sensualité, comme point d’appui de leur action ?

Or, je ne sais rien de moins intéressant que ce fait brutal qui n’est pas à la louange de l’espèce humaine, et la rabaisse singulièrement. Si nous devions accepter l’humanité, dans sa masse, telle qu’on nous la présente depuis deux jours, dans son exception, ça ne serait plus qu’une ménagerie, avec cet avantage ou cette infériorité — comme il vous plaira le mieux — qu’à l’inverse des animaux, qui n’ont qu’une saison, sur l’homme, pour qui, comme l’affirme le proverbe, « l’amour est de toutes les saisons ».

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En parlant ainsi, je n’exprime que ma sensation personnelle, j’ai tout lieu de supposer, cependant, que je suis en communion d’idée avec le public qui, tout en prenant un vif plaisir aux détails si finement présentés de la comédie, m’a paru éprouver quelque révolte des caractères trop odieusement vrais des personnages principaux, voire de tous les personnages de l’action, dans laquelle ne s’agite pas une seule honnête figure, sur laquelle on puisse reposer sa pensée, tout se passe vraiment trop entre « monstres », des « monstres » spirituels, charmants, élégants, soit, mais « monstres » quand même.

(Le Gaulois, décembre 1902.)