Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1865, tome 1.djvu/319
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— de dangereuses conjectures dans les esprits malveillants. Qu’elle entre.
Sort Horatio.
— Telle est la vraie nature du péché ! À mon âme malade — la moindre niaiserie semble le prologue d’un grand malheur. — Le crime est si plein de maladroite méfiance, — qu’il se divulgue lui-même par crainte d’être divulgué. —
Horatio rentre avec Ophélia.
OPHÉLIA
Où est la belle majesté du Danemark ?
LA REINE
Qu’y a-t-il, Ophélia ?
OPHÉLIA, chantant
-
- Comment puis-je reconnaître votre amoureux
-
- D’un autre ?
- D’un autre ?
-
- À son chapeau de coquillages, à son bâton,
-
- À ses sandales.
-
- Comment puis-je reconnaître votre amoureux
LA REINE
Hélas ! dame bien-aimée, que signifie cette chanson ?
OPHÉLIA
Vous dites ? Eh bien ! attention, je vous prie !
Elle chante.
-
-
- Il est mort et parti, madame,
- Il est mort et parti.
- Il est mort et parti.
- À sa tête une motte de gazon vert,
- À ses talons une pierre.
- Il est mort et parti, madame,
-
Oh ! oh !
Elle sanglote.
LA REINE
Mais voyons, Ophélia !
OPHÉLIA
Attention, je vous prie !