Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1869, tome 6.djvu/447

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SCENE Vlll.

449

la main soudaine de la mort me ferme les yeux ! — Désormais mon cœur est dans ta poitrine ! *

Il cause tout bas avec
LA PRINCESSE.
BIRON, à Rosaline.

— Et à moi, ma mie  ? À moi que direz-vous ?

ROSALINE.

— Il faut aussi vous purifier  ; car vous êtes gangrené de péchés  ; — vous êtes perclus de fautes et de parjures.

— Si donc vous voulez obtenir ma faveur, — vous passerez douze mois, sans vous reposer, — à veiller au chevet douloureux des malades.

DU MAINE, à Catherine.

— Et à moi, ma mie  ? et à moi  ?

CATHERINE.

— A vous une femme  ? .. De la barbe, une bonne santé, et de l’honneur, — voilà les trois choses que je vous souhaite avec une triple tendresse.

DU MAINE.

— Oh ! puis-je vous dire : merci, ma gentille femme  ?

CATHERINE.

— Nenni, monseigneur. Je veux être un an et un jour

— sans écouter les paroles des soupirants à l’air doucereux. — Revenez quand le roi reviendra près de la princesse  ; — alors, si j’ai beaucoup d’amour, je vous en donnerai.

DU MAINE.

— Je serai jusque-là votre serviteur fidèle et loyal.

CATHERINE.

— Mais ne le jurez pas, de peur de vous parjurer encore.

LONGUEVILLE.

— Que dit Maria  ?

MARIA.

Au bout de douze mois, — j’échangerai ma robe noire contre un ami fidèle.