Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/113

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


DEUXIÈME GENTILHOMME, à Lucio.

Tu es toujours à te figurer que je suis malade ; mais tu es plein d’erreur : je suis solide.

LUCIO.

Oui, mais on ne pourrait dire que tu es sain. Tu es solide comme les choses creuses, car tes os sont creux. L’impureté a fait de toi sa proie. Entre Dame Surmenée.

PREMIER GENTILHOMME.

Comment va ? Quelle est celle de vos hanches qui a la sciatique la plus profonde ?

DAME SURMENÉE.

C’est bon, c’est bon ! On vient d’arrêter là-bas et d’emmener en prison quelqu’un qui en valait cinq mille comme vous tous.

DEUXIÈME GENTILHOMME.

Qui cela, je te prie ?

DAME SURMENÉE.

Eh, morbleu ! monsieur, c’est Claudio, le signor Claudio.

PREMIER GENTILHOMME.

Claudio en prison ! Cela n’est pas.

DAME SURMENÉE.

Mais je sais bien, moi, que cela est : je l’ai vu arrêter ; je l’ai vu emmener et, qui plus est, sa tête doit être tranchée dans les trois jours.

LUCIO.

Après tout ce badinage, j ’ai peine à croire ça. En es-tu bien sûre ?

DAME SURMENÉE.

Je n’en suis que trop sûre : c’est pour avoir fait un enfant à madame Juliette.