Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/163

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ISABELLE.

Que me voulez- vous ?

LE DUC.

Si vous pouviez disposer de quelque loisir, je voudrais avoir tout à l’heure un entretien avec vous. La satisfaction que j ’ai à vous demander est dans votre intérêt même.

ISABELLE.

Je n’ai pas de loisir superflu. Le temps que je resterai doit être volé à d’autres affaires ; mais je veux bien vous écouter un moment.

LE Duc, bas, à Claudio.

Mon fils, j’ai entendu ce qui s’est passé entre vous et votre sœur. Angelo n’a jamais eu l’intention de la corrompre : il n’a voulu que mettre sa vertu à l’épreuve, pour exercer son jugement à l’étude de la nature humaine. Ayant le vrai sentiment de l’honneur, elle lui a signifié ce gracieux refus qu’il a été fort aise de recevoir. Je suis le confesseur d’Angelo, et je sais que telle est la vérité. Préparez-vous donc à la mort. Ne leurrez pas votre résolution d’espérances décevantes. Demain vous devez mourir : mettez-vous à genoux et tenez-vous prêt.

CLAUDIO.

Que ma sœur me pardonne ! Je suis tellement désenchanté de la vie que je veux faire des vœux pour en être débarrassé.

LE DUC.

Persévérez dans ces sentiments. Adieu ! (Claudio sort.) Prévôt, un mot !

LE PRÉVÔT.

Que voulez-vous, mon père ?