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esoin d’autre aiguillon que notre propre cause pour nous stimuler à faire justice ? d’autre lien que ce secret entre Romains qui ont donné leur parole et ne l’éluderont pas ? d’autre serment que l’engagement pris par l’honneur envers l’honneur de faire ceci ou de périr ? Laissons jurer les prêtres et les lâches et les hommes cauteleux, et les vieilles charognes décrépites, et ces âmes souffreteuses qui caressent l’injure ; laissons jurer dans de mauvaises causes les créatures dont doutent les hommes ; mais ne souillons pas la sereine vertu de notre entreprise, ni l’indomptable fougue de nos cœurs par cette idée que notre cause ou nos actes exigent un serment. Chaque goutte de sang que porte un Romain dans ses nobles veines, est convaincue de bâtardise, s’il enfreint dans le moindre détail une promesse échappée à ses lèvres.
Mais que pensez-vous de Cicéron ? Le sonderons-nous ? Je crois qu’il nous soutiendra très énergiquement.
Ne le laissons pas en dehors.
Non, certes.
Oh ! ayons-le pour nous : ses cheveux d’argent nous vaudront la bonne opinion des hommes, et nous achèteront des voix pour louer nos actes. On dira que son jugement a guidé nos bras : notre jeunesse et notre imprudence disparaîtront ensevelies dans sa gravité.
Oh ! ne le nommez pas ; ne nous ouvrons point à lui ; jamais il ne voudra poursuivre ce que d’autres ont commencé.