Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1872, tome 10.djvu/378

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donner aujourd’hui une couronne au puissant César ; si vous lui envoyez dire que vous ne viendrez pas, ses intentions peuvent changer. En outre la plaisanterie circulerait bien vite, pour peu que quelqu’un s’écriât : Ajournons le sénat jusquà ce que la femme de César ait fait de meilleurs rêves ! Si César se cache, ne se dira-t-on pas à l’oreille : Quoi ! César a peur ? Pardonnez-moi, César, mais la tendre, bien tendre sollicitude que j’ai pour votre grandeur me force à vous dire cela, et je fais céder toute considération à mon dévouement.

CESAR

Que vos frayeurs semblent folles maintenant, Calphurnia ! Je suis honteux d’y avoir cédé… Qu’on me donne ma robe ; j’irai.

Entrent Publius, Brutus, Ligarius, Metellus, Casca, Trébonius et Cinna.

CESAR

Et voyez donc Publius qui vient me chercher.

PUBLIUS

Bonjour, César.

CESAR

Salut, Publius. Quoi, vous aussi, Brutus, si tôt levé ! Bonjour, Casca… Caïus Ligarius, César n’a jamais été votre ennemi autant que cette fièvre qui vous a maigri. Quelle heure est-t-il ?

BRUTUS

César, il est huit heures sonnées.

CESAR

Je vous remercie de vos peines et de votre courtoisie.

Entre Antoine.

CESAR

Voyez, Antoine, qui fait ripaille toutes les nuits, n’en est pas moins debout… Bonjour, Antoine.