Page:Sima qian chavannes memoires historiques v3.djvu/538

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Tsi-che521-1, il le fit passer par Long-men521-2, arriver au sud à Hoa-yn, descendre à l’est à Ti-tchou, puis au gué de Mong, puis au confluent de la rivière Lo et atteindre à Ta-p’ei. Puis Yu, considérant que les lieux d’où venait le Ho étaient élevés, que ses eaux étaient rapides et violentes, qu’il leur était difficile de passer dans la plaine et qu’elles y causaient de nombreux dégâts, détacha (du fleuve) deux canaux521-3 pour y mener son cours. Au nord,

521-1. Se-ma Ts’ien, qui se propose de traiter dans ce chapitre des canaux du Hoang-ho, dégage dans l’œuvre légendaire de Yu ce qui concerne spécialement ce fleuve. Sur tous les noms de lieux cités dans ce paragraphe, cf. tome I, p. 141, n. 3.

521-2. Yu passait pour avoir fait une tranchée de 80 pas de large, dans la montagne Long-men, à 50 li au nord de la sous-préfecture de Han-tch’eng 韓城 , province de Chàn-si.

521-3. Ces deux canaux se séparaient au lieu appelé Sou-siu k’eou 宿胥口 , à peu de distance à l’ouest de la sous-préfecture actuelle de Hoa 滑 , préfecture de Wei-hoei, province de Ho-nan. L’un d’eux se dirigeait vers l’est et n’est autre que la rivière T’a 漯川 (cf. tome I, p. 111, n. 5, ad fin.) dont le cours est à peu près celui du bas Hoang-ho actuel. L’autre canal constituait le lit principal du Fleuve 大河 ; il se dirigeait vers le nord, atteignait, non loin de la sous-préfecture actuelle de Fei-hiang 肥鄉 (préfecture de Koang-p’ing, province de Tche-li), la rivière Tchang 漳 (cf. tome I, p. 106, n. 2), et, à partir de ce point, suivait le cours actuel de cette rivière. Dans mon premier volume (p. 103, n. 1 et p. 141, n. 3 ad fin.), j’ai admis l’hypothèse de M. von Richthofen (China, tome I, p. 308 et 322-323) qui place l’embouchure du Hoang-ho au temps de Yu, nou loin du Kie-che ; je dois reconnaître cependant que cette hypothèse n’est pas confirmée par les dires des érudits chinois ; il semble, d’après Hou Wei, que le Hoang-ho, dès l’époque de Yu, se soit jeté dans la mer non loin de la ville actuelle de T’ien-tsin. Le changement de cours qui survint en 602 avant J.-C. ne modifia pas l’embouchure du Hoang-ho, mais reporta son lit à l’est de celui de la rivière Tchang ; dans la carte hors texte qu’on trouvera en regard de la page 526. on voit marqués en noir foncé les trois tronçons qui se desséchèrent en 602 avant J-C, mais qui, à l’époque où nous reporte le Tribut de Yu, amenaient le Hoang-ho dans le lit actuel de la rivière Tchang.