Page:Sophocle, trad. Leconte de Lisle, 1877.djvu/269

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LE CHŒUR.
Strophe I.

Heureux ceux qui ont vécu à l’abri des maux ! Quand une demeure, en effet, a été frappée divinement, il ne manque, jusqu’à leur dernière postérité, aucune calamité à ceux-ci. De même, lorsque le flot de la mer, poussé par les vents Thrèkiens, parcourt l’obscurité sous-marine, il fait monter du fond la vase noire et bouillonnante, et les rivages qu’il frappe sont pleins de clameurs.

Antistrophe I.

Je vois, dès un temps ancien, dans la maison des Labdakides, les calamités s’ajouter aux calamités de ceux qui sont morts. Une génération n’en sauve pas une autre génération, mais toujours quelque dieu l’accable et ne lui laisse aucun repos. Une lumière brillait encore, dans la maison d’Oidipous, sur la fin de sa race ; mais voici qu’elle est moissonnée, insensée et furieuse, par la faux sanglante des dieux souterrains.

Strophe II.

Ô Zeus, quel homme orgueilleux peut réprimer ta puissance qui n’est domptée ni par le sommeil maître de toutes choses, ni par les années infatigables des dieux ? Sans jamais vieillir, tu règnes éternellement dans la splendeur du flamboyant Olympos ! Une loi, en effet, prévaudra toujours, comme elle a toujours prévalu parmi les hommes.

Antistrophe II.

L’espérance mensongère est utile aux mortels, mais