Page:Sorel - La Vraie histoire comique de Francion.djvu/219
DE rn.txctoN. Qt!) toujours ce 11`étoil. que nfaniuscr en vain. Elle vouloit avoir nn courtisan, il lui lalloit laisser le sien. ·le pense que, si elle |’eut épousé, comme elle simaginoil, elle eut en le loisir de s’en repentir. Pour moi, je vous assure bien que j’eusse lait chanter son épithnlanie par les musiciens du Pont-Neul`, quantl ]`eusse du en faire les vers. En attendant, pour me donner carrière, je pris une nuit cinq ou six de mes amis, et nous allâmes donner une sérénadc . ai Mélibée avec des cliquettes‘, des tambours de Biscaye, et des trompes de laquais. Pour moi, je cltanlai en récit des vers crotesques, où je rlisois que nos instrumens valoient bien les siens, et qu’ils lui eussent beaucoup servi ai capti- ver les bennes grâces de sa maitresse. Je dis beaucoup d’au— tres choses à sa honte, lesquelles je crois qn`il entendoit bien; mais il n’osa paroitre. Outre cela, je lui eusse fait bailler cent coups de bâton Lent devant sa maîtresse, s’il eut valu la peine; il n'yav0it rien de si aisé. Mais je pcnsui que possible ne tartleroit-il guère à être méprise de Diane, et qu’elle le changeroit pour quoltjue autre, comme elle m`avoit changé pour lui. Outre · les imperleetions de l’esprit, il en avoit encore au corps. .l`avois oui dire autrefois fi Diane: Mon Dieu, que Mnîlibée est mignon! il sent toujours si bonl ll étoit vrai; et l’on pouvoit dire qu’il sentoit bon, parce qu'il sentoit nuuxvais. ll avoit une odeur capable de donner la peste aux lieux les plus teniperes; et, sans les coussinels de parfurns q‘u’il nicttoit sous les aisselles, les lieu; où il étoit eussent été si tort env- puantis, qirune heure après son départ on l’eût encore senti. Je n’avois <ju’à attendre que les grandes chaleurs fussent re- venues, et que sa lorle sueur vninqnît le p:n·l'nin. Il ne se ponvoit qu'il n’oubli:itquelque|`ois ii manger des musczulins ", lorsuu’il baiseroil: Diane, pour corriger la puanteur de ses dents; et les meilleurs propos qn’il pouvoil. tenir devoieut · toujours être très-mauvais en sa bouche, puisqu`il avoit l’lni- leine si mauvaise. Sans considerer tout cela,jepense qu’il fallut l Sorte d'instrument fait dc deux os ou de deux morceaux de luois qu'on but, entre ses doigts, l'un contre l'autre, pour en tirer (lllCl||UCS SOUS IIIÈSUIYJSA
- l'eI.ites tablettes mnsquées. —