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nr: rnauciou. · 229 quelque signe de la tête aux demandes que je lui (`aisois quel- quefois, et qui il |'ait sa sortie sans aucun compliment. Vous verrez, dit Cléraute, qu’il v a quelque mécontentement en lui; je le veux gouverner; qui cst—ce qui me donnera sa connois-· sauce? Luce lui répondit que ce seroit le gentilhomme qui m’avoit introduit chez elle. (jlerante lui en parla quelques jours après, et, suivant sa prière, je l'allai voir, en intention de lui taire paroitre ce que j’etois. Je l’abordai avec des com- plimeus sortables à sa qualité, et l’entretins plus de deux heures sur divers sujets, sans qu’il se lassât de m’ententlre. A la tin, je lui montrai de mes vers, qui, it son dire, lui plu- rcnt davantage que tous ceux qu`il avoit vus à la cour. Après cela, il me parla de Luce, me dit qu’elle se plaignoit extrê- mement de ce que, l’ay=int été visiter, je n’avois daigné OLI- vrir la bouche pour rcpaître ses oreilles des douceurs de mes discours, Le bon naturel de ce seigneur me convia à ne lui rien celer, et à lui dire que, quan'! _j’eusse eu les rares qua- lités qu’il m’attribuoit, je n’eusse pas pu me résoudre ai par- ler, d’autant. qu’il y avoit des gens avec Luce à qui les bons et solides discours étoient comme le soleil aux aveugles. ll eoniirma mon dire, et m’avoua que ce n’etoient que des badins, mais qu’il me feroit discourir avec Luce, sansêtre interrompu par de telles gens, et que je trouverai bien en elle un autre genie. Comme de fait, m’y ayant mené peu de temps après, je reconnus que la louange qu’il lui donnoit étoitjuste; aussi vit·elle tout de même qu’il ne falloit guère que je ne fusse ee qu’on lui avoit dit. Quelques jours après, il tomba entre les mains de Clerante une certaine satire qui médisoit librement de presque tous les seigneurs de la cour; il y étoit aussi compris: mais tout ce que l’on avoit sçu dire, c’est qu’étaut marie St une belle femme il ne laissoit pas de chercher la tortuue ailieurs. Je uruuiusai a philosopher sur cette piece eu sa presence, et lis dessus un admirable jugement, . Je m’en vais gager ma vie, ce dis-je, que c’est Alcidamor qui a |'ait|`aire ceci. Pourquoi croyez-vous que ce soit ce seigneur ` plutôt qu’un autre? repartit Clerante. Je m’en vais vous l'ap- , prendre, lui dis-je; vous ne me nierez pas qu’i| est le plus vicieux de la cour, car même jc vous l’enteudis avouer hier. Or ceux qui ne sont point en cette satire—·.=i se sont exemp-