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os ruaxcnoiw. 259 vous lburniriez la corne, et moi la muse, et de cela l’on le- roit une cornemuse. Ce gentilhomme, qui avoit été marié il y avoit quelques troisjours, lut bien tache de se voir sitôt appe- lcr cocu; de sorte qu’il en demeura tout honteux. , Je vous ai tantôt parle de Melibée, qui aimoit la gentille — Diane : il venoit aussi ehez Cléraute; et, bien qu’il tachât de se mettre en mes bonnes grâces, je ne le pouvois aimer, _ quand je me souvenois qu’il m’avoit traverse en mes jeunes amours, qui me revenoient toujours en l’esprit avec une iu- linité de douces pensées; car, comme vous sçavez, les pre- - mières impressions ue se perdent guère. Je parlois donc son- vent de lui à Colliuet en fort mauvaise part, si bien qu’il l’alloit toujours attaquer plutôt qu‘uu autre, à quoi Cleranle prenoit beaucoup de plaisir; car Mélibée ne passoit que pour houllon dedans la cour, et il Ialloit qu’il répondit a notre l`0l malgré qu’il cn eût, ou autrement l'on se lut moque de lui. Leurs dialogues n’ét0ient remplis que d'iujures et de repro- ches extravagzms, selon les sujets qui se présentoient; telle- ment qu’il seroit dillicile de m’eu ressouvenir particuliè- rement. Je vous dirai seulement la plus plaisante et la plus naïve chose qui se soit passée entre ces deux personnages, qui étoient presque aussi sages l’un que l’antre. Mélibee, di- nant un jour a la table de Clerante, ou y avoit lait mettre aussi Collinet, alin qu’ils disputassent ensemble; Colliuet dit tout ce qui lui vint à la bouche contre Mélihée, à quoi il ne répondit que fort lroidemeut, etant alors eu une humeur plus sérieuse que de coutume. Le repas lini, Collinel, voyant qu’il ne lui vouloit pas tenir tete, quitta la Compagnie, etsc retira dedans sa chambre, où il étoit alors contraint de de- meurer tont le jour par pénitence, si ce u’étoit quand il ve- A noit eu la salle pendant que son maître y étoit, parce que deux jours auparavant il étoit descendu dans la cuisine, ou il avoit battu un petit page que Clérante aimoit lbrt. Mélihee, alors se ravisant, voulut avoir raison de quelques attaques qu'il lui avoit donnees, si bien qn’il monta jusqu’a sa chambre,. qui étoit au-dessus de la salle; ll s’en viut le piucer et lui donner des nasardes, et lui dit des choses qui le mirent en une si grande colère, qu’il prit un bâton et commença à char- ger dessus lui. Mélibee, qui n’avoit rien pour se défendre, crut que le plus sûr pour lui étoit de rendre la l`uite : il sur-