Page:Sorel - La Vraie histoire comique de Francion.djvu/249

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ne ruauciou. 240 trni? Non, mademoiselle, je vous eu assure, lui répondis-je; mais ce nie seroit une l`olie de viser au but ou mes dé- fanls ['ll,(}l`t’l|)ûCllClll. de parvenir. Il n'y a point de lieu si élevé, répliqua-t-elle, on vous n’acquériez une avantageuse place, si ~v0ns en avez envie. lit si je tâcliois d’atteindre jus- quesa vos bonnes grâces, lui disgie alors, viendr0is—je ai bout de mon dessein? Ali! mou Dieu, répondit-elle, ne parlez point de moi, il ne me faut pas mettre pour exemple; je ne suis ` pas de ces granules beautés qui sx rendent dignes de vous blesser de leurs attraits. , Quoiqu’elle déguisût sa volonté, je comms -bieu ou elle vou- loit tendre, et lui donnai tant d’ussauts qu'à la lin elle se ren- dit et me confessa qu'elle auroit pour moi la bienveillance que je la suppliois d'avoir pour nn autre. Bien que je n’ensse point de passion pour clle, comme pour Fleurauce, trouvant une occasion de jouir d’uu contentement trés-précieux, je me eliatouillai moi—môme, et, me faisant aecroire qu’elIe étoit plus belle qn’elle ne m’av0it. toujours semblé, je me blessai le cœm· pom· elle de ma main propre. Je la poursuivis de si prés, que, metrouvzmt un soir tout · seul avec elle dans sa clunnbre, elle permit qnejc la baisasse, que je la toucliasset et que je lui montrasse enfin combien étoit judicieuse l’électiou qu’elle avoit liiite de moi pour étre son serviteur. Quand nous cûmes le temps de recommencer ce doux exercice, nous Yemployâmes avaricieusement. Si quelque réformé m’entend0it, il diroit que j’étois un perlillc, de jouir ainsi de celle dont j’av0is promis à Cléraute de gagner la volonté pour lui; mais quelle sottise eussé-je faite, si j’eusse laissé eeliapper une si rare occasion? .l’eusse mérité d’étre moque de tout le monde; mou plaisir ne me devoit-il pas toucher de plus près que celui d’uu autre. . Vous pcnsez,je nfassure, que la jouissance que j’Z1\’0iS de Luce urempûclioit de songer davantage à sa gentille sui- vante; inais vous étes infiniment trompé : j’avois encore autant de passion pour elle que l’on sçauroit dire, et, en quelque lieu . , qnejc la rcncoutrasse, je ne cessois de lc témoigner. Sou lm- nieur rétive f`ut vaincue par mes soumissions et par des pré- ¢ sens que je lui fis en secret. Néanmoins elle ne pouvoit trouver. ui moi aussi, la conuuodité de me rendre content, var cllr nn lmugcnit il`anpri·s de sa xnaitrrssv.

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