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on rnaaciors. 959 voir loué une personne indigne de louange. La charge que je clésirois fut donnée S1 un outre que moi, qui, possible, ne l’a- voil. pas recherchée; mais, je vous dirai, le dommage étoit autant de leu1· côté que iln micn, car ils perdoient en moi un ami et servileurtrés—fidéle qui s’étoit préparé;] les assister en des choses importantes, et ne prenoient qu’un sot sans esprit et sans fidélité. i]'avois prié Clérante de leur parler de moi; mais il n’en avoit voulu rien faire, me disant que son anto- rité étoit morte en ces actions-là, et que ces coquins, venus de bas lieu, se plaisoicnt à mépriser les seigneurs de qualité, et qu’outre cela il ne se vouloit pas tant abaisser que de les aller supplier d’aucuue chose. Voyant tout ceei, j’eus recours · aux cousolations que les ancienssages nous donnent contre les adversités, et, si je ne jouissois point rle la prospérité de beaucoup d’autres, _]’avois cela en récompense que je u’é· tois pas esclave comme eux. Je voyois bien que, po11r obtenir alors quelque chose dans le monde, il n’y avoit rien qui y fût moins utile que de le mériter, et je remarquois que, pour _ se mettre en bonne estime, il valoit mieux faire profession ile bouffonnerie que de sagesse. Je ne sçavois ni contrefairn les orgues, ni chifller, ni faire ales grimaces, parties fort né- cessaires; et, quand je l’eusse seu, je n’eusse pas eu l’àme si vile que ile me vouloir avancer par là. .l’ai bien toujours aimé la gausserie et,les bons mots, qui témoignent la pointe de l’esprit, mais non pas ces tours debateleur et d’écornilleur que les sots courtisaus admirent; el,, outre cela, quand je veux dire quelque chose xfagréable, il faut que ce soit parti- · culiérement pour me donner alu plaisir zi nioi-même ou u des gens qui me soient égaux, et non pas a ceux qui s'cstimeul davantage `que moi. . ' Puisque je ne pourois donc entrer aux bonnes grâces (le ceux qui étoient en faveur, je m’ucquis celles ale plusieurs autres qui ne songcoieut qu’à rire et Maire l’amour, avec les- quels, s’il y avoit moins de profit, il y avoit en récompense plus de contentement. ` Toutefois il m’étoit impossible de nrempéclier de songera la ' perle que je faisais de ma jeunesse, au lieu qu’il me sembloit qucje Vcnsse pu fort bien employer pour leprolit ile ceux :1 qui jc désiroiscle rendre du service, et pour le mien particulier, , Cola faisoit que, lorsque je me trouvais quelquefois en compa-