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DE FBANCION. 569 s’il s’en est allé sans son train, c’est qu’il n’a pas voulu laire paroitre l’envie qu’il avoit de se départir d'aupri:s de vous, craignant, possible, d’etre encore retenu au préjudice de ses affaires. ll y a de l’apparence en ceci, car il m’a fort recom- mandé de dirc a ses gens qu’ils rebroussent chemin pour le rattraper sans bruit. Apres avoir dit cette menterie a Nays, il s’en alla la dire aussi a l’écuyer de Fraueion, et le lit partir avec tous les autres serviteurs pour aller après son maître. _ Navs eut toutes les afllictîons du monde de la soudaine fuite de celui qu’e]le eherissoit tant. Ah! combien de fois se re- pentit-elle de lui avoir témoigne de la rigueur, car elle s’ima— gina que c’etoit la cause ile son éloignementl Maudits hom- mes, dit.-elle en parlant rte Valère et d’Ergaste, si vous ne ‘ m’eussiez point. persecutée par vos poursuites, je n’eusse pas été contrainte de traiter si cruellement celui dont la moindre action méritoit des faveurs iulinies. Que puissiez—vous être punis du mal que vous une faites soultrirl Nespérez pas que je vous fasse jamais bon visage : je serai dorénavant envers vous la plus lieie que l’on rit jamais. Elle Pexécuta comme clle disoit; niais, si elle eût scu la trahison de ces deux sei- gneurs, elle se l'ût bien elforcée de les traiter plus cruellement. A la lin, elle arrive ai la maison ordinaire, on elle témoigne de plus_ eu plus son indignation, et donne charge a son inli- ilèle valet d’aller chercher Francion en' quelque endroit qn’iI ' nisse être, et de lui donner de sa part- une lettre, on elle iin remontroit pour quelle occasion elle ne l'avoit pas traite selon son mérite, et le prioit couvertement de venir au lieu on il avoit eu autrefois envie cl’aller. Ce courrier part pour · faire sa charge, et prend le chemin de France, on il sçait bien qu'il ne trourira pas Franciou. S’etant promeuê un peu, il revient, et, auparavant que d`aller voir sa maîtresse, il ' passe par la maison d’Ergaste, auquel il demande ce qu’il lui convient faire. Ergaste, croyant que Navs n’a jamais vn de l’ecriun·e de Francion, fait écrire une lettre tonte telle, que si elle fùt venue de sa part, par laquelle il lui mande entre . autres choses que les délices de la France lui ont fait oublier celles de l’ltalie, et qu’elle ne se doit pas attendre de l’y voir jamais, vu qu’il n’y a rien qui l’y puisse appeler. Nays, ayant reçu cette lettre, nomme mille fois Francion ingrat et ntal courtois de lui écrire dc telles choses; mais, étant sortie ile 2t.