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_ os rnilxciou. 599 _ tenu, ils le niontùrent à une chambre sans le ucgurder, vou- lant tout à l’lieure aller dire a leur maître qu’ils avoient lait son commandement, de peur qu’ils ne fussentcriés, s’ils tar- doient trop. Le gouverneur, ayant parlé ai eux, s’eu va lc trouver avec un sien gentilhomme; et, parce qu'i| n’nvoit ja- mais vu le goutteux ct n’avoit point ouï dire s’il étoit vieil ou jeune, il Ie prit facilement pour lui. Là, mon maître, lui dit-i.l, en le tirant par le bras d’une forte secousse, que vous avez peu d’honnêteté : faites-moi la révérence. Francion, ne se pouvant tenir debout, ne le salua point autrement que de la tête. Comment, votre goutte vous tient-elle? dit le gou- verneur. Ah! vraiment, je vous la lerai bientôt passer. Je u’ai pas seulement la goutte, dit l·`rancion, j’ai une des plus grosses rivieres de misères, mais je pense que vous ne la sçauricz faire écouler, quoi que vous disiez; car la source dont elle dérive ne se peut tnrir. Or çà, quittons ce discours, inter- rompitle gouverneur, je ne t’ai pas envoyé querir pour pas- · ser le temps avec toi en choses inutiles. Dis-moi, n’cs-tu pas un perüde, un méchant, un perturbatcur du repos public ï' Le peuple vivoit en bonne paix sous ma protection, qui lui étoit trés-agréable; il ne trouvoit rien a redire ii aucune de mes actions; cependant toi, qui dêsirerois de voir toute cette ville en leu pour assouvir ton appétit déréglé, tu us été élever un tumulte pernicieux. Eh bien, qu’alléguerns-tu pour ta dé- · tense? l)iras·tu que tn ne le lliisois pas a dessein de troubler le repos de nos habitons, mais alln de me laire tucr·ou chas- ser rl’ici? Viens çà, qui est-ce qui t’a induit à cela? As-tu reconnu quelque malversution en' mn charge? Est~ce que tu me portes de la haine p0\1l` quelque oftense ’p:n·ticulière que je t’ai laite?Al1l Dieu l je ue pense pas t'nvoir jamais donné sujet,de te courroucer. Francion, oyant ce discours et ne pou-' vant comprendre pourquoi l’on le lui fuisoit, vint zi la lin à s'imaginer que l’on se vouloit moquer de lui, vu que le gou= verneur ne parloit point avec une mine d’homme tache : son âme n’étoit pas alors malade comme son corps, et, la bonne aventure qu’il avoit eue l’ayant rendu fort joyeux, il délibéra de se donner du passe=te1nps, aussi bien que celui qui l’in~ terrogeoit. Pour répondre il tous vos points, repart-il, je vous A dis que j’ai voulu mettre cette ville en tumulte, parce que rien n’est plus agréable que de la voir en cet état: le voisin