Page:Sorel - La Vraie histoire comique de Francion.djvu/429

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un rmscios. 429 ferez plus de bien qu’il ne pense, le délivrant de la rage qu’iI sent : je le sçais bien, et il voudroit de bon cœur que cela lut fait; c’est pourquoi il vous y faut aller, et, malgré qu’il en ait, lui arracher les dents qui lui nuisent. Vous êtes si subtil, que, quand il ouvrira la bouche pour parler à vous, · vous les lui pourrez ôter sans qu’il y songe. Au reste, après · cela, il vous paycra honnêtement, ou bien nous vous paye- rons. Le cliarlatun croyant tout ceci, nous lui dîmes en quel endroit logcoit llortensius; et, comme il étoit prévoyant, il prit avec lui deux volontaires de dessus le pont pour l’y accom- pagner afin de lui aider dans son entreprise. Hortensius, qui tâ- choita gagner sa vie en toutes façons, avoit alors quatre pen- sionnaires, qui alloient en première au college de Boncour ‘. ll leur faisoît. répéter leur leçon lorsque ces gens-ci entrèrent. Monsieur, lui dit le charlatan, vos parens m’ont dit que vous avez des dents qui vous font mal, vous plaît.-il que je vous les arrache? Moi ‘? tlît llortensius, j’en ai de meilleures que vous; vous me prenez pour un autre. Nullement, dit le charlatan; l’0n m’a dit que vous cèleriez que vous y avez mal, afin que je ne vous les arrache point; mais l'on 1n’a commandé de vous les ôter, il faut que je le f`asse.Tenez-le, garçons, ouvrez-lui la bouque bien grande: çà, je vous ferai si pen . de douleur, que vous n’en sentirez rien. Les volontaires le ·v0ulurent prendre alors par les bras, mais il leur dechargea ai chacun un coup de poing. Le charlatan dit aux écoliers: Messieurs, aidez-nous; il laul. ôter les dents a votre maître, on me l’a dit; cela devroit être fait. Il le voutlroit bien : il ne craint autre chose sinon que je lui fasse alu mal, et je ne lui en feraipoint. Les écoliers, croyant ceci, tâclièrent aussi cle l’arrêter, et il avoit fort â faire à se dépêlrer de tant ile gens. Enfin il leur dit : Quoi !·vous êtes aussi contre moi? Ne voyez-vous pas que ce sont ici des affronteurs? Si vous ne me défendez, je m’en plaindrai à vos pères. A ces paroles, ils Ie laissèrent et se tournèrent contre le charlatan, qu’ils s’c|l Forcèrent de chasser. llortensius prit un bâton dont il le frappa, et le fît sortir avec sa suite, qui n’0soit se dél`en<lre contre un homme qui étoit plus fort qu’eux, étant dessus son palier. Les volontaires, étant dedans la rue, dirent au char- ' C’est là que Voiture lit ses études. `

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