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un ruancton. 449 ceux-là se tromperoicnt bien qui, ayant oui ce que j’ui dit cn- dessus, croiroicnt queje suis bien arrogant. Ils une diront que louer ses propres ouvrages, e’est entreprendre sur la coutume des cliarlatans du pont Neut', qui exaltent toujours leurs on- guens, et des comédiens qui dedans leurs alliclies donnent a leurs pieces les titres de merveilleuses et d’incomparables. Mais il faut considérer que, si quelqu’un mérite d’être lnlânié pour ceci, ce sont ceux qui, nous montrant qu'ils ont lait ' un bon livre, nous veulent aussi persuader que leur per- sonne u d'excellentes qualités, ne considérant pas que tous les jours les sots et les méchans accomplissent de beaux ouvra- ges.Que l`ou sçaclie donc que je prends les choses d'un autre biais que ceux-ci,ct qu’ayant plus d’innocence que de va- ' nité, si je ne tais point de dilllculte de dire que j’écris bien, c’est parce que je trouvcique c'est une si petite perfection, qu’il n’y a pas beaucoup de gloire à la posséder, si l’on n’en a d’autres aussi; et que c’est quand l’on se vante de surmonter toute sorte d’accidens et de scavoir bien conduire des pen- ples que l’on témoigne d’être superbe. Que si l’on ne se contente point de cette raison et qu’on trouve encore mauvais ce que j’ai dit, je suis quitte pour répondre que je suis bien «l’avis que l’on n’en croie que ce que l’on voudra, et que, tout mon livre étant facétienx, l’on prenne pour des raillerics tout ce que j’en dis aussi bien comme le reste. Ce qui lait beau- coup pour moi et qui montre clairement que je me soucie lbrt peu d’étre tenu pour bon écrivain, c’est qu’ayant aban- donné mon ouvrage sans y mettre mou nom la gloire que je me donne ne me sçauroit apporter de profit. Je suis bien éloi- gné de cet impertinent contre qui Pantiquité a tant crié, le- quel ayant fait un livre, où il se xnoquoit dela vanité de ceux qui veulent acquérir de la renommée par leurs écrits, ne laissa pas de s’en dire l’auteur. Je n’ai garde de faire une pareille faute, après avoir tant méprise cette gloire. Je sçais bien la subtilité de Phidias qui, ayant eu défense décrire son nom au pierl d'une statue de Minerve qu’il avoit faite, mit son por- trait cn un petit coin du bouclier de cette déesse, alin d'être toujours connu; mais, quand j’aurois trouvé place pour me dé- peindre en quelque endroit de nion livre, ou l’on pût voir qui je serois, je ne pense pas que je le votîlusse (aire. A tout le moins sçais-je bien queje me contenterols donc de cela, et que