Page:Sorel - La Vraie histoire comique de Francion.djvu/489

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ne raazscton. 489 discrétion que l’on pratique en ce pays-ci, et je ne la louai que inodcstcinent. Je tis pourtautbicu paroître qu’elle nfa- vuit touché dans le cœur et que j'eusse bien souhaité d`avoir une semhlahlemaîtresse. Je ne m’eu allai que le plus tard qu’il mc lut possible, et je promis encore, en partant, de vi· siter quelques autres seigneurs, ce que je tis avec beaucoup de soin. ll linut avouer que Nays est belle; mais lîmilie a aussi des attraits qui lbpt que, lorsque l’on ne voit plus Nays, l'on ne songe qu’a Emilie. Je ne me contentois pas ile toutes mes anciennes jouissances; j’eusse bien voulu encore avoir celle-ci, si c’eut été une chose possible; mais il me seu1l>loitquelquel`ois que l’on n’y pouvoit parvenir que par le mariage. D’êpouscr Emilie, c’étoit une mauvaise aflaire, n’ayant. autres richesses que celles qui étoient fondées sur un proces qui pouvoil. être aussitôt perdu que gagné, au lieu qu’en el'l`ct. sa pauvreté étoit alors manifeste. Néanmoins, je creyois que, si je voulois avoir quelque plaisir, il l'alloit. lein- · dre de l’aimcr pour mariage; si bien que jc parlois souvent d'elleà Salviati, etlui disois qu’i| ne lalloit pas souffrir qu’clle se rendit religieuse; qu’aussi bien u’étoit—ce pas une véritable dévotion qui l’y portoit, puisqu’elle ne le |'aisoit que pour ·- ne pouvoir être mariée selon ses amhitions et celles de sa mère; qu’au reste tlle avoit tant de mérites que plusieurs ipcrsounes de qualité la prcudroient librement, sans de- mander autre tlouaire que sa vertu. Je me découvrois après cela de telle sorte queje hiisois counoîtrc que je parlois ile moi, dont. cet homme étoit. bien aise, et je pense qu’il en avertit Lucimle. Or parce qu’a toutes les lois que j’allois chez elle je ne voyois pas Émilie, ou bien je ne lui parlois que tout haut devant cette mere, cette contrainte nfétoit. tort tàclieuse, à moi qui ai accuutumé de parler quelquelbis aux , lilles eu particulier, ai la mode de France. Je ne lui pouvois raconter mon autour; il u’y avoit. que mes yeux qui parlaient; ` niais, dans ces pays, une simple œilliule ou une petite action en disent souvent. davantage que les plus longs entretiens des autres nations. Je n’étois pas pourtant satislitit, et j’étois résolu de lui écrire et de prier Salviati de lui laire tenir mes lettres. Dc lhire aussi une lettre d':uuour en sa vraie forme, cela_ me semhloit trop hardi pour la premiére Ibis. Je lis seulement un discours oz`: j’introduisois un berger qui

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