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un rnanciou. 499 mettre ainsi d’abord de l’argent dans les pochettes; d'autant que par ce moyen l’on seroit charme, et que l’on les laisse- roit faire après, mais qu’ils emporteroient tout enfin. Vous avez raison, dit Francion;je pense que ce drôle de tantôt en vouloit laire de meme, ou bien qu’il a verse dans ma po- chette l’argent qu’il venoit de dérober ailleurs, alin que je le lui gardasse pour un temps; mais, quoi qu’il en soit, voici des quudrubles que je n’avois point encore maniés. Si cet argent- ci u’esl promptement employé, il ne mc f`era point de profit; car peut—etre n’est-il pag bien acquis; il faut trouver quelque numière de le dépenser. Comme il disoit cela, il y eut qua- tre hommes qui s’approchereut de lui, et l’un d’entre eux mi dit qu’il falloit sçavoir où il avoit pris cet argent, et que non- seulement pour cela, mais pour d’autres choses encore, il avoit charge de le mener prisonnier. Frauciou dit qu’il n’a— voit fait aucun crime pour lequel il méritât ce traitement, et Raymond vouloit faire aussi de la résistance avec ses laquais; mais il vint la encore une demi-douzaine de sbires, qui sont les sergens de llome, si bien que c’étoit assez pour s’assurer de la personne de Francion. Il y avoit aussi beaucoup de · bourgeois dans la rue, qui prêtoient main-lorte à la justice, et d’ailleurs il faut être extrêmement sage dedans cette paisible cité; car, si l’on avoit outrage un sergent ou un huissier, on quelque autre petit officier, l’on en seroit puni rigoureuse- ment. Raymond, ayant donc fait tout ce qu’il pouvoit sans au- cune violence notable, eût bien voulu que I'on l’eût mené aussi avec son ami, parce qu’il ne le pouvoit abandon- ner; mais l’on ne s’efl`orç0it point de le prendre; et en tout cas il croyoit que, puisqu’il demeuroit en liberté, il en seroit d'aumnt plus propre à secourir Francion dedans ses nécessi- tés et u le tirer des malheurs où l’on le vouloit mettre. Il ne sçavoit si c’etoi|. Nays qui le faisoit arrêter ou bien Émilie, et il ne pouvoit croire qu’elles eussent raison de le traiter de cette sorte. Cependant Francion étoit avec les sbires, qui, pour leur premier ouvrage, se saisirent de tout son argent. ll les pria de le mener sans scandale et de ne le point tenir, ce qu'a peine ils voulurent faire; car ils craignoient qu’il n’e— chappât, encore qu'ils l'eussent environne de toutes parts. Ils étoient assez loin des prisons, de sorte que, de peur qu’il no se sauvàt et qu’il ne trouvât quelque secours dans un si long