Page:Sorel - La Vraie histoire comique de Francion.djvu/519

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on FRANCION. 519 nous les disions, l’on ne nous croira pas, situ ne les assures avec nous. Au reste, si tu ne promets maintenant de le faire avec des sermens inviolables, tu n’es pas exempt dela mort; que si tu le fais aussi,je te promets de una part que tu n’au- ras plus que faire de ton maître, et que nous te récompen- serons splendidement et t'en1mènerons en France, si tu le désires, te rendant si content, que tu n’auras pas de raison de te plaindre d’un peu de mal que nous t’avons fait. Raymond dîsoit ceci avec tant de franchise, que Corsègue s’assuroit un peu sur ses paroles; tellement qu’il lui promit tout ce qu’il voulut et lui en jura avec tous les serxnens qu’il lui commanda de faire. Mais Audebert, tirant zi part Ray- mond, lui remontra que cet homme étoit un méchant auquel l’on ne se devoit point fier, et que peut-être le lendemain, lorsquril seroit devant les juges, il désavoueroit tout ce qu’il avoit dit et se soucieroit fort peu de toutes les imprécations qu’il avoit faites; qu’il valoit bien mieux tirer de lui quelque autre assurance et lui faire écrire et signer tout ce qu’il avoit dit, afin de le représenter à la justice et qu’il lui fût impos- sible de le nier. Raymond trouva cette proposition bonne, et, quoiqu’il dit que l’on ne devoit pas se défier de lui, l’on lui donna une plume, de l’enere et du papier, et l’on lui tit écrire qu’il confessoit d’avoir fait mettre de fausses pièces dans la pochette de Francion, à l’instigation de son maître, et d'avoir enco1·e porté chez lui un coffre plein de semblables espèces, avec des outils de linux-monnoyeurs, afin de l’accu— se1· malicieusement et de le faire trouver coupable. lion lui fit après signer cela; et, parce qu’il marchandoit beaucoup d’achever cette besogne, Raymond et Audebert redoublèrent leurs menaces, qui Pépouvanterent tellement, qu’il fit tout ce que l’on vouloit. L'on alla aprés chercher dans le grenier, où l’on trouva le sac avec les outils, et l’on les garda pour les montrer en justice. La nuit étoit alors fort avancée; Raymond fit enfermer son prisonnier dans une chambre avec ses gens, qui le firent cou- cher. Pour lui, il se eoucha aussi, et Audebert et Hortensius en firent de môme; mais ils ne dormirent guère, chacun ayant beaucoup de hate d’aller travaille1·ala délivrance deleur ami. Comme ils furent levés tous trois, Raymond laissa Audebert · avec les serviteurs à lamaison pour garder Corsègue, et il s’en

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