Page:Sorel - La Vraie histoire comique de Francion.djvu/529

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· on raancxon. _ _ 529 que ceméchant lui avoit dit en S’en allant que tout ce qu’il en avoit lait n’éloit que par plaisir, et qu’il ne m’avoit enfermé ni ne s’étoit joué avec elle que pour éprouver ce que j’cn dirois et se moquer de ma jalousie. Elle étoit si simple que de croire cela, n1ais_]e n’ai garde d’avoir cette imagination, sçachant que la méchanceté du François a été très-xnanileste. Depuis je n’ai sçu trouver aucune occasion plus propre, pour en laire ma plainte, que celle-ci; et je demande réparation d’honneur contre ce traitre, et qu’il soit puni corporel- lement. Cet homme ne racontoit pas son histoire si bas qu’il n’y · eût quelque autre que lejuge qui l’entendît; si bien que la nouvelle en alloit de l’nn à l’autre, et chacun sçut inconti- nent son infortune. Tout ce qu’il avoit dit de Raymond étoit vrai; mais pourtant il lui ouvrit le chemin de s’excuser, ca il persista dans la déclaration que la femme avoit faite. ll dit qu’il ne l’avoit point déshonorée et que tout ce qu’il avoit lait n’étoit qu’une galanterie pour passer le temps, sans avoir au- cune mauvaise intention. Lucio, qui avoit oui parler plusieurs fois de la femme de cet homme, qui le faisoit souvent cocu, encore qu’il ne le pensât point être, ne voulut point que cela passait plus avant, el. lui dit qu’il devoit être satisfait de ce que ltaymond lui disoit. Mais il protestoit du contraire avec grande opiniâtreté; tellement que le juge lui dit qu’il avoit tort de vouloir à toute force que sa femme eût été désliono- rée, encore que l’on lui déclarait que cela n’avoit point été. ll fut donc contraint de se taire, mais pourtant chacun se dou- toit de la vérité, et l’on se préparoit d’en faire de lions con- tes à son infamie. A u’en point mentir, quoique Raymond fut lort hardi, si est-ce qu’il devenoit un peu honteux de ce que ses amours avoient été publiées devant un juge sévère et dcvant tant d'autres personnes; mais, pour perdre le souvenir de cela, il s’en alla aborder Francion et lui parla de son affaire, lui disant qu’il avoit si bien fait qu’il avoit découvert les Pour- bes de ses rivaux, et qu’il croyoit que, lorsque Nays en seroit avertie, elle pourroit modérer son courroux. Et alors, s’iulres- snnt à Dorini, il lui dit qu’il pouvoit remontrer à sa cousine que, si Lucinde et Émilie avoient été la trouver pour lui laire croire qu’il lui manquoit de foi, c'étoit une entreprise où elles avoient été portées par les artifices d’Ergaste, qui 50

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