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102 ÉTUDES SUR LA LITTÉRATURE SANSCRITE.
sance. 11 lui offre de lui donner mille fils, ou cent, ou dix qui en égaleraient cent, ou un seul qui en surpasserait mille, sous le prétexte naïf qu'un bon est préférable à plu- sieurs mauvais. « Qu'il en soit ainsi! » s'écrie le saint; et, au jour et à l'heure convenables, d'après les prescriptions des lois de Manou, plein de foi, il s'approche d'elle qui est pleine de foi ; la voilà enfin mère ! Le fruit qu'elle porte dans ses entrailles y croît pendant sept ans ; quand il s'en échappe, c'est un fds, Dridhasyou, qui devient un ascète de premier ordre : à partir de ce moment l'ermitage d'Agas- tya fut célèbre par toute la terre. Son nom revient souvent dans les poèmes hindous ; il passait pour le guide et le conseiller de Rama, pour le chef des religieux du sud. Ainsi que l'a fait observer M. Lassen, le midi de l'Inde n'était primitivement qu'une immense forêt; les brah- manes furent les premiers des Aryens à l'envahir et à la dé- fricher, absolument comme, au moyen âge, nos moines occu- pèrent et cultivèrent tant de solitudes; les rakchmas et dâna? vas (ogres et démons), qu'on montre toujours troublant les sacrifices et dévorant les prêtres, représentent les tribus d'in- digènes, sauvages et cannibales, qui résistèrent à outrance à la civilisation, apportée par les brahmanes, et qui ne recu- lèrent que lentement devant eux. C'est cette lutte qui est sym- bolisée par la rencontre d'Agastya et d'Ilvala.
Une autre lutte, non moins fameuse, est décrite par Lômaca à Youdhichtira; c'est celle qui est exposée aussi tout au long- dans l'épopée de Valmîkî; c'est celle de l'illustre Rama, fils de Dasaràtha, et du terrible Paraeou-Ràma (Râma à la hache), fils de Djamadagni, figurant : l'un la classe des guerriers, l'autre l'ordre des prêtres, deux castes ordinairement unies, mais qui se combattaient violemment, toutes les fois que les guerriers s'avisaient de résister en quoi que ce fût aux prê- tres. Ce qui est fort bizarre et aussi inexplicable qu'aucun mystère théogonique, c'est que ces deux Ràmas, qui en viennent aux mains ensemble, sont, au même titre, des incar-
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