Page:Stendhal - Vie de Henri Brulard, t1, 1913, éd. Debraye.djvu/104

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


en laine noire* qu’il me lia au cou. La scène se passa dans le cabinet de mon père, rue des Vieux-Jésuites ; mon père était morne et tout le cabinet tapissé d’in-folio funèbres, horribles à voir. La seule Encyclopédie de d’Alembert et Diderot, brochée en bleu, faisait exception à la laideur générale.

Ce .... de droit avait* appartenu à M. de Brenier, mari de Mlle de Vaulserre et comte de…* Mlle de Vaulserre donna ce titre à son mari ; dès lors on avait changé de nom, Vaulserre étant plus noble et plus beau que de Brenier. Depuis, elle s’était faite chanoinesse*.

Tous les parents et amis se réunirent dans le cabinet de mon père*.

Revêtu de ma mante noire, j’étais entre les genoux de mon père [en] 1*. M. Picot, le père, notre cousin, homme sérieux, mais du sérieux d’un homme de cour, et fort respecté dans la famille comme esprit de conduite (il était maigre, cinquante-cinq ans et la tournure le plus distinguée), entra et se plaça en 3.

Au lieu de pleurer et d’être triste, il se mit à faire la conversation comme à l’ordinaire et à parler de la Cour. (Peut-être était-ce la Cour du Parlement, c’est fort probable). Je crus qu’il parlait des Cours étrangères et je fus profondément choqué de son insensibilité.

Un instant après entra mon oncle, le frère de ma mère, jeune homme on ne peut pas mieux fait et on