Page:Stowe - Marion Jones.djvu/13

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brèche les oppositions, se défendait avec courage, et faisait courir pour elle hommes, femmes et enfants comme après une diligence. Bien qu’elle fût la fille d’un homme riche, richement dotée pour sa part et bien proportionnée, elle possédait une résolution innée à l’indépendance et à la liberté telle, qu’on ne lui avait jamais connu qu’un jeune homme qui se fût aventuré à venir la demander en mariage ; mais il fut renvoyé avec la promesse que s’il montrait de nouveau son visage autour de la maison, elle lâcherait ses chiens sur lui.

Marion Jones différait de sa sœur comme le convolvulus diffère de la tige grossière qui le supporte. À l’époque où nous nous reportons, c’était une fille modeste, rougissante et svelte, âgée de dix-huit ans, aussi timide et réservée que sa sœur était hardie et robuste. L’éducation de la pauvre Marion avait coûté à miss Silence un monde de peines et d’ennuis, et après tout, disait-elle, la fille ne sera jamais qu’une sotte, puisqu’elle ne pouvait l’habituer, comme elle, à tenir tête au monde.

Lorsque miss Silence vint à apprendre que M. Dudley se croyait lésé par le testa-