Page:Stowe - Marion Jones.djvu/15

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ment aux traits caractéristiques de sa personne et de ses manières. Grand de taille et assez mal bâti, il avait toujours l’air d’un orage prêt à éclater, tant sa physionomie était sournoise, renfrognée et désagréable. Sa voix, modelée sur sa figure, prenait toutes les intonations aigres et désagréables de la scie, du grincement de la pierre, de l’engouffrement du vent dans les cheminées, ou du hurlement des loups. Par sa nature, il était doué d’un esprit actif, tranchant, ergoteur, qui eût coupé un cheveu en quatre pour faire naître quarante questions différentes d’entamer un procès, si l’éducation eût développé en lui ces dons de la nature, il fût devenu l’un des plus habiles métaphysiciens qui eussent jamais jeté de la poudre aux yeux des générations suivantes. Privé de cet avantage, il excellait encore à mettre dans l’embarras et à mystifier quiconque se trouvait sur son chemin. Mais toutes les facultés de son âme se concentraient sur la chicane ; c’était sa nourriture, sa boisson, l’objet de sa méditation de chaque jour, de trouver quelque part ou dans quelque sujet la matière d’un procès. Il avait toujours en question quelque barrière qui courait trop à