Page:Stowe - Marion Jones.djvu/58

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de coudre avec une fureur au moins égale à la sienne.

La vieille fille leva les yeux et commença par s’agiter sur sa chaise, puis elle se remit à coudre encore plus vite qu’elle ne l’avait fait ; mais plus elle paraissait habile, plus notre héros semblait prendre à cœur de se modeler sur elle, observant toujours un merveilleux silence. Les muscles du visage de la demoiselle se détendaient peu à peu, puis se contractaient de nouveau, et plus ces signes devenaient fréquents, plus le visage de notre héros gagnait en gravité exemplaire.

Tandis qu’ils étaient ainsi assis en face l’un de l’autre, leurs aiguilles luttant de vitesse comme deux locomotives engagées dans un pari, Marion ouvrit la porte.

La pauvre enfant avait pleuré une partie de la journée, et elle ne se trouvait guère en humeur de plaisanter. Mais du moment que ses yeux ébahis eurent saisi le côté comique de cette scène, sa figure s’épanouit, et elle éclata d’un rire inextinguible. Silence cessa de coudre, et la regarda d’un air moitié riant, moitié fâché.

Notre imperturbable héros continuait gra-