Page:Stowe - Marion Jones.djvu/62

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encore après que mon père aura cessé d’exister, je pense avoir le droit de consulter ma propre inclination, et avec votre permission, ma chère petite, je prendrai cette liberté.

— Mais, si vous contrariez votre père, vous savez comme il est vindicatif, et comment je pourrai devenir un obstacle à votre fortune ?

— Croyez-vous donc, ma chère Marion, que je dépende entièrement de mon père, comme l’héritier d’un majorat en Angleterre, qui n’a qu’à rester tranquillement sur sa chaise et attendre que la fortune vienne le chercher ? Non, j’ai du courage et de l’éducation pour marcher en avant, et si avec cela je ne trouve pas les moyens de pourvoir pour vous et pour moi, alors renoncez à moi, vous ferez bien !

En accentuant ces paroles, le visage de Joseph brillait du sentiment de sa force et de son indépendance. Il s’arrêta un moment, puis il reprit avec plus de calme :

Néanmoins, Marion, je respecte mon père, quelle que soit l’opinion du monde à son égard ; je n’oublierai jamais que c’est aux fruits de son travail que je dois aujourd’hui