Page:Stowe - Marion Jones.djvu/9

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une verte colline où les maisons blanches du village se déroulaient comme un collier de perles.

Rien n’est plus pittoresque dans un paysage que ce contraste d’un cimetière… cette cité du silence, comme la dénomment si poétiquement les Orientaux… placé au milieu des richesses et des joies de la nature ; ses pierres blanches miroitant au soleil, souvenir permanent du déclin, dernier anneau de la chaîne qui unit le mort au vivant.

En traversant lentement les étroites allées pour lire sur chaque monticule l’inscription funéraire de l’époux laborieux et économe, de la femme soigneuse et rangée, de l’enfant moissonné dans sa fleur, tous en ayant fini avec les soucis et les joies de ce monde, je m’arrêtai devant une simple pierre portant cette inscription : « À la mémoire de Howard Dudley, décédé dans sa centième année. » J’avais jadis connu cet aimable vieillard ; tous les dimanches, dix minutes avant le service, sa haute stature un peu voûtée pénétrait dans l’église couverte d’un habit noisette à larges basques et hauts parements, sur l’un desquels deux épingles