Page:Sue - Le Juif errant - Tomes 5-6.djvu/606

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En conversant ainsi, Angèle et Agricol étaient arrivés près de la porte du jardin de la maison commune.

Une femme âgée, vêtue très-simplement mais avec soin, s’approcha d’Agricol et lui dit :

— M. Hardy est-il de retour à sa fabrique, monsieur ?

— Non, madame, mais on l’attend d’un moment à l’autre.

— Aujourd’hui, peut-être ?

— Aujourd’hui ou demain, madame.

— On ne sait pas à quelle heure il sera ici, monsieur ?

— Je ne crois pas qu’on le sache, madame ; mais le portier de la fabrique, qui est aussi le portier de la maison de M. Hardy, pourra peut-être vous en instruire.

— Je vous remercie, monsieur.

— À votre service, madame.

— M. Agricol, dit Angèle lorsque la femme qui venait d’interroger le forgeron fut éloignée, ne trouvez-vous pas que cette dame était bien pâle et avait l’air bien ému ?

— Je l’ai remarqué comme vous, mademoiselle ; il m’a semblé voir rouler une larme dans ses yeux.

— Oui, elle avait l’air d’avoir bien pleuré. Pauvre femme ! peut-être vient-elle demander