Page:Sue - Le Juif errant - Tomes 9-10.djvu/15

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II


Adrienne et Djalma.


Le prince s’était lentement approché de mademoiselle de Cardoville.

Malgré l’impétuosité des passions du jeune Indien, sa démarche mal assurée, timide, mais d’une timidité charmante, trahissait sa profonde émotion. Il n’avait pas encore osé lever les yeux sur Adrienne ; il était subitement devenu très-pâle, et ses belles mains, religieusement croisées sur sa poitrine, selon les habitudes d’adoration de son pays, tremblaient beaucoup ; il restait à quelques pas d’Adrienne, la tête légèrement inclinée.

Cet embarras, ridicule chez tout autre, était touchant chez ce prince, de vingt ans, d’une intrépidité presque fabuleuse, d’un caractère si héroïque, si généreux, que les voyageurs ne parlaient du fils du roi Kadja Sing qu’avec admiration et respect.

Doux émoi, chaste réserve plus intéressante encore, si l’on songe que les brûlantes passions