Page:Sue - Le Juif errant - Tomes 9-10.djvu/358

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VIII


La ruine.


C’est le lendemain de la mort des filles du maréchal Simon.

Mademoiselle de Cardoville ignore encore la funeste fin de ses jeunes parentes ; sa figure est rayonnante de bonheur. Jamais elle n’a été plus jolie ; jamais ses yeux n’ont été plus brillants, son teint d’une blancheur plus éblouissante, ses lèvres d’un corail plus humide. Selon son habitude, un peu excentrique, de se vêtir chez elle d’une manière pittoresque, Adrienne porte, quoiqu’il soit environ trois heures de l’après-midi, une robe de moire d’un vert pâle, à jupe très-ample, dont les manches et le corsage, largement tailladés de rose, sont rehaussés de passementeries de jais blanc d’une exquise délicatesse ; un léger réseau de perles, aussi de jais blanc, cachant la natte épaisse qui se tord derrière la tête d’Adrienne, forme une sorte de coiffure orientale d’une originalité