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XIX


Le premier juin.


La chapelle de la maison des révérends pères de la rue de Vaugirard était coquette et charmante ; de grandes verrières colorées y jetaient un mystérieux demi-jour ; l’autel éblouissait de dorures et de vermeil ; à la porte de cette petite église, sous les assises du buffet d’orgues, dans un obscur renfoncement, était un large bénitier de marbre richement sculpté.

Ce fut auprès de ce bénitier, dans un recoin ténébreux où on le distinguait à peine, que Faringhea vint s’agenouiller le 1er juin, de grand matin, dès que les portes de la chapelle furent ouvertes.

Le métis était profondément triste ; de temps à autre il tressaillait et soupirait comme s’il eût contenu les agitations d’une violente lutte intérieure ; cette âme sauvage, indomptable, ce monomane possédé du génie du mal et de la destruction, éprouvait, ainsi qu’on l’a peut-