Page:Sue - Le Juif errant - Tomes 9-10.djvu/68

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V


Agricol Baudouin.


Le père d’Aigrigny, contenant à peine son dépit, sa colère, jetait non-seulement des regards courroucés et menaçants sur Agricol ; mais, de temps à autre, il jetait aussi un œil inquiet et irrité du côté de la porte, comme s’il eût craint, à chaque instant, de voir entrer un autre personnage dont il aurait aussi redouté la venue.

Le forgeron, lorsqu’il put envisager son ancien patron, recula, frappé d’une douloureuse surprise à la vue des traits de M. Hardy, ravagés par le chagrin.

Pendant quelques secondes, les trois acteurs de cette scène gardèrent le silence.

Agricol ne se doutait pas encore de l’affaiblissement moral de M. Hardy, habitué qu’était l’artisan à trouver autant d’élévation d’esprit que de bonté de cœur chez cet excellent homme.