Page:TheatreLatin1.djvu/11

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ET LES OUVRAGES Dli PL.\U'I`li. v salle de spectacle, ct qu`on assistaitàune fable et ressusciter les lialiitants avec leurs costumes, débitée par des acteurs. Les modernes, plus pré- leurs habitudes, leur langage? somptueux, ont supposé à l`art dramatique un Mais ce qui est peut—être plus curieux encore, prestige indéfini , une puissance absolue; ils ont c'est deretrouver en vingt endroits les usages, les du moins essayé de les lui donner. Mais combien intrigues, les vices, les raffinements de la civilisa- ont réussi à cette image exacte de la realité, si tion moderne, les escroqueries de nos nsuriers, les difficile et si justement désirée? ruses des chevaliers dindustrie qui s'empareut d'un On remarquera sans doute, en voyant la liste des nouveau débarqué comme d`une dupe qui leur re- personnages de Plaute,qn’illeurdonne souvent un vient légitimement, les fous des rois et des sei- nom approprié à leur etat et àleur caractère. Les gneurs. nos complaisants, nos anciens ahbés , parasites sfappellent ronge-pain (Artotrogus), les nos factotums de grandes maisons sous la figure vieillards chagrins, C0)lÈI'(Id[(.'Z'€Z¢7`S (Autiplmn) , des parasites, nos bourgeois ai moustaches et les esclaves, porte-coups, etc. Nos vieux comiques il éperons sous l’air ridicule des nmfarons de ont imite cet usage. Nous avons M. Loyal, liuis— Borne, les abus des États modernes, finspecteur sier; M. Scrupule, notaire; M. Piaile, agent d’af- de police qui brise les cachets et lit les lettres faires; M. Purgon, Sbrigani, l’li0nnête cicéronc de sans façon , le contrôleur de la douane qui retient M. de Pourceaugnac, Maître Double-Main , gref- les malles et les paquets du voyageur au profit de lier; M. Gourmandin, chanoine; etc. On rejette au- l’Etz1t, les garnisaires établis chez les citoyens qui j0urd`liui cemoyencomiquc comme suranne, comme refusent l’impôt ; toutes ces institutions, mal néces- trop facile et manquant de vérité. On s`est atta- saire renaissant toujours en dépit des réformes et ché il perfectionner les noms, à reformer les mots, ' des révolutions , et qui paraissent Pessence de la ne pouvant autre chose. La critique, sans doute, société humaine, et le fo11d de tout gouvernement. n’est pas absolument dépourvue de raison. Cepen- N’est-il pas plaisant de retrouver exactement dant le choix d`un nom plaisant et bien appliqué aussi toutes les chariataneries de notre théâtre n`est pas sans influence sur l’effet du personnage. moderne; de voir les claqucwrv établis au parterre Donnez un autre nom à ce bon M. Tartuffe, et de Rome, les cabales organisées; deutennlre, au vous lui ôtez la moitié de lixypocrisie dc son carac- commencement ou a la fin de chaque piece, ces for- tère. mules de galanterie, ces couplets au public, dans La lecture Je plante num pas Sguigimmt gnmuc. le style de nos raudevillistes ou de nos vieux au- tive sous Ie rapport de l’art dramatique zelle pré. teurs comiques, de Dancourt, de Dniresny et Sente È1 Yobservateur, au philosophe, un intérêt; lllêmô de Bëilultifircllilis; de voir le luxe de déco- piquant. Elle nous rend témoins de toutes les lia- rations et de costumes employé comme supplément hitudes, de tous les usages de la vie intériettre des (lil mérite des pièces; ces traits satlriques lances Romains: nousles voyons, le jour, aller au forum, aux auteurs rivaux, aux acteurs de troupes étran- à la place du commerce, au tribunal, ou bien occa- gèresg les directeurs achetant fort cher des pièces per leur désœuvrement chez le médecin, chez le Souvent fort mauvaises; cet usage aristocratique de parfumeur, chez le barbier, É1 médire et ài parler faire retenir sa place par son esclave; dans la salle, politique; la nuit, aller au plaisir, accompagnés de ces ploceurs chargés dïndiquer son siege à chaque l’eScluve porte;/lon¢beau;_ioi1ei· aux des au repas spectateur; enfin des agents de police maintenant du soir, et nommer le roi du festin. Nous cnten- l’ordrc et le silence? dons enfin les chansons populaires, bachiques et È Tous ces usages, tous ces details que Plante galantes, qui égayaicut les loisirs des maîtres nous a conservés , sont des curiosités singulie- du monde. Nous voyons les ménagères empruntant rement pîquzmtes. Nous avons eu soin de noter des cuisiniers les jours de tete, les roquettes emas- en leur lien toutes ces ressemblances de mœurs sant dansleursarmoiresdcscentaiuesdetuniques de et d°institutions. Si nous les rassemblons ini, formes et de noms différents, la ionique trrmspa· c`est pour montrer que ce que l’on croit un raf- rente, la tunique épaisse, le (imm à_/images, l’inté· finement de notre civilisation, une invention du rieure cizamrzwée, la robe ai lo. gouttière (im- génie moderne, une mode du jour, date de la pluvium), la jleur de souci, la safranée, lepmu naissance du théâtre romain. Quelle force de dessous ou le sens dessus-de.s.sou.~: , le bandeau , vérité tous ces faits ne donnent·ils pasà cette idée la royale ou l’étrm1gére, la ver! - de - mer, la îngénieuse d’un de nos meilleurs écrivains drama- plumetée, la jaune-cire, la jaune-miel et mille au- tiques, que le théâtre supplée à l`l1istoire, qu’on tres inventions élégantes, éclatauts témoignages du étudie, qu’0n apprend mieux les mœurs, les lia- génie des marchandes de modes de Fantiquité, et bitudes, Pesprit d’un peuple, dans ses comédies qui pourraient faire envie aux nôtres. Nousconnais- que dans ses chroniques les plus fidèles, les plus sons de point en point le programme de Péducation minutieuses ! Une lionne comédie, en effet, est le desjeunes Romains, partagée entreles exercices portrait exact d’une nation. Ses principaux per- du corps et ceux de l'esprit. Tous ces détails de sonnages parlent, marchent, agissent devant vous mœurs mis en action ne semblent-ils pas com- avec leurs vices, leurs travers, leurs vertus. leurs plétcr, animer les ruines si belles, si fraiclnes, de passions vivantes et animées. Pompéi ou d’lIi—rculanum, rouvri:· les maisons, Un ne sétonnera donc pas que les comédies de