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CHAPITRE XLII. Du mariage des Sauuages Ameriques. 'EST chose digne de grande commiseration, la creature, encore qu'elle soit capable de raison, viure neantmoins brutallemèt. Par cela pourrons congnoistre que nous ayons apporté quelque naturel du vêtre de nostre mere, que nous demeurerions brutaux, si Dieu par sa bonté n'illumi noit noz esprits. Et pour ce ne faut penser, que noz Ameriques soient plus discrets en leurs mariages, Came se marient qu'en autres choses. Ils se marient les uns auec les i ceux * autres, sans aucunes cerimonies 1. Le cousin prendra Amerique. la cousinej et l'oncle prendra la niece sans difference ou reprehension, mais non le frere la sœur. Un homme d'autant plus qu'il est estimé grand pour ses ■ LERY. § XVH : « Pour l'esgard des cerémonies, il n'en font point d'autre, sinon que celuy qui voudra auoir femme soit vefue ou fille, apres auoir sceu sa volonté, s'adressant au pere, ou au defaut d'icelluy aux plus proches parens d'icelles, demandera si on luy veut bailler une telle en mariage. Que si on respond qu'ouy, des lors sans passer autre contrat il la tiendra auec soy pour sa femme. »