Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 1.djvu/119

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cœur et quelque chose de bon en moi ! Ces jolis yeux amoureux ! — Eh bien après ? — Rien, cela me fait plaisir et à elle aussi. »

Là-dessus il réfléchit à la manière dont il pourrait achever sa soirée. « Au club ? faire un besigue et prendre du champagne avec Ignatine ? Non. Au château des Fleurs pour trouver Oblonsky, des couplets et le cancan ? Non, c’est ennuyeux ! Voilà précisément ce qui me plaît chez les Cherbatzky, c’est que j’en sors meilleur. Je rentrerai à l’hôtel. » Il rentra effectivement dans sa chambre, chez Dussaux, se fit servir à souper, se déshabilla, et eut à peine la tête sur l’oreiller, qu’il s’endormit d’un profond sommeil.


XVII

Le lendemain à onze heures du matin, Wronsky se rendit à la gare de Saint-Pétersbourg pour y chercher sa mère, qui devait arriver, et la première personne qu’il rencontra sur le grand escalier fut Oblonsky, venu au-devant de sa sœur.

« Bonjour, comte ! lui cria Oblonsky ; qui viens-tu chercher ?

— Ma mère, — répondit Wronsky avec le sourire habituel à tous ceux qui rencontraient Oblonsky ; et, lui ayant serré la main, il monta l’escalier à son côté. — Elle doit arriver aujourd’hui de Pétersbourg.