Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 1.djvu/146

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


XXI

Dolly sortit de sa chambre à l’heure du thé ; Stépane Arcadiévitch était sorti par une autre porte.

« Je crains que tu n’aies froid en haut, dit Dolly en s’adressant à Anna ; je voudrais te faire descendre, nous serions plus près l’une de l’autre.

— Ne t’inquiète pas de moi, je t’en prie, répondit Anna en cherchant à deviner sur le visage de Dolly si la réconciliation avait eu lieu.

— Il fera peut-être trop clair ici, dit sa belle-sœur.

— Je t’assure que je dors partout, et toujours profondément.

— De quoi est-il question ? » dit Stépane Arcadiévitch en rentrant dans le salon et en s’adressant à sa femme.

Rien qu’au son de sa voix Kitty et Anna comprirent qu’on s’était réconcilié.

« Je voudrais installer Anna ici, mais il faudrait descendre des rideaux. Personne ne saura le faire, il faut que ce soit moi, répondit Dolly à son mari.

— Dieu sait si la réconciliation est bien complète ! pensa Anna en remarquant le ton froid de Dolly.

— Ne complique donc pas les choses, Dolly, dit le mari ; si tu veux, j’arrangerai cela.

— Oui, elle est faite, pensa Anna.

— Je sais comment tu t’y prendras, répondit Dolly avec un sourire moqueur ; tu donneras à