Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 1.djvu/21

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.




ANNA KARÉNINE



PREMIÈRE PARTIE


« Je me suis réservé à la vengeance »,
dit le Seigneur.


CHAPITRE PREMIER



Tous les bonheurs se ressemblent, mais chaque infortune a sa physionomie particulière.

La maison Oblonsky était bouleversée. La princesse, ayant appris que son mari entretenait une liaison avec une institutrice française qui venait d’être congédiée, déclarait ne plus vouloir vivre sous le même toit que lui. Cette situation se prolongeait et se faisait cruellement sentir depuis trois jours aux deux époux, ainsi qu’à tous les membres de la famille, aux domestiques eux-mêmes. Chacun sentait qu’il existait plus de liens entre des personnes réunies par le hasard dans une auberge, qu’entre celles qui habitaient en ce moment