Page:Tolstoï - La Sonate à Kreutzer trad Pavlovsky.djvu/219

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certaine honte après ce qui s’est passé au piano ? Comme elle souriait faiblement, pitoyablement, bienheureusement, en essuyant la sueur de sa figure rougie. Ils évitaient déjà de se regarder, et seulement au souper, quand elle lui versait de l’eau, ils se regardèrent et sourirent imperceptiblement. »

Je me rappelais avec effroi, maintenant, ce regard et ce sourire à peine perceptible. « Oui, tout est fini, » me disait une voix ; et tout de suite une autre me disait le contraire. « Es-tu fou, c’est impossible, » disait la deuxième voix.

J’eus l’angoisse de rester couché ainsi dans les ténèbres. Je frottai une allumette et je pris peur dans cette petite chambre au papier jaune. J’allumai une cigarette et, comme il arrive toujours quand on tourne dans un cercle de contradictions inextricables, on fume, et je fumai cigarette après cigarette pour m’étourdir et pour ne pas voir mes contradictions. Je ne dormis pas de toute la nuit et, à cinq heures, alors qu’il

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