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FUMÉE. 185

de tout. Et quant aux machines à coudre, il faudra s'en procurer aussitôt après les noces. — Potoughine se retira, Litvinof conduisit les dames à la maison. A la porte de l'hôtel, on lui remit un billet ; il s'écarta et déchira précipitamment l'enveloppe. Sur un petit morceau de vélin, il y avait ces mots tracés au crayon : « Venez ce soir à sept heures chez moi pour une minute, pour une minute, je vous en supplie. » Litvinof enfonça le papier dans sa poche et, se retournant, il sourit de nouveau... à qui, et pourquoi ? Tatiana lui tournait le dos. Ils dînèrent à table d'hôte. Litvinof était placé entre Capitoline Markovna et Tatiana ; il se mit à jaser, à débiter des anecdotes, il se versait du vin et n'en laissait pas manquer les dames. Il avait brusque- ment pris, avec une animation étrange, un ton si leste qu'un officier d'un régiment de ligne en gar- nison à Strasbourg, avec des moustaches à la Napoléon, assis vis-à-vis de lui, crut pouvoir se mêler à la conversation et finit par proposer un toast à la santé des belles Moscovites ! Après dîner, I^itvinof reconduisit les deux dames dans leur chambre ; il resta un moment auprès de la fenêtre, d'un air morose, et déclara tout à coup qu'une affaire l'obligeait à s'absenter, mais qu'il revien- drait certainement le soir. Tatiana ne dit rien, pâlit et baissa les yeux. Capitoline Markovna avait l'habitude de faire la sieste après dîner ; Tatiana savait que Litvinof ne l'ignorait pas ; elle espérait qu'il en profiterait, qu'il resterait, car il n'avait

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